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L’oreille est en danger dès 85 dB, et un concert ou une discothèque se situe autour de 100 à 105 dB. Pour profiter de la musique sans fatiguer ses oreilles, trois réflexes suffisent : porter des bouchons, s’éloigner des enceintes et s’accorder des pauses. Voici les repères, la règle qui encadre les salles et les gestes à adopter avant, pendant et après le concert.
Le repère à connaître : 85 dB, et pourquoi un concert le dépasse
L’Agence régionale de santé des Pays de la Loire donne un repère simple : 85 dB est le seuil de danger de l’oreille, et 120 dB le seuil de douleur. Le piège, c’est que l’oreille peut être endommagée bien avant qu’on ressente la moindre douleur. Sortir d’un concert sans mal ne prouve donc pas que le volume était sans effet.
Le même dossier propose une échelle de comparaison. Elle place un concert ou une discothèque bien au-dessus d’une tondeuse, et à peine plus haut qu’un baladeur réglé au maximum.
Le niveau réel d’un concert précis varie d’une salle à l’autre : ces valeurs sont des repères, pas la mesure d’un artiste ou d’un genre musical.
Ce que la règle impose aux salles et aux festivals
Un décret du 7 août 2017, relatif à la prévention des risques liés aux bruits et aux sons amplifiés, a abaissé le niveau sonore toléré dans les lieux de musique amplifiée de 105 dB(A) à 102 dB(A). Il devait s’appliquer au plus tard en octobre 2018.
Le texte ne se limite pas à un plafond. Les exploitants doivent aussi mettre gratuitement à disposition des protections auditives individuelles, informer le public sur les risques, afficher et enregistrer les niveaux sonores, et prévoir des zones ou des périodes de repos auditif. Pour les activités destinées aux enfants, des seuils plus bas existent.
Un plafond n’est pas une garantie de confort : 102 dB(A) reste largement au-dessus du seuil de danger de 85 dB. Rien ne garantit que tel festival ou telle salle applique le décret à la lettre. Le plus sûr est de repérer sur place le point de remise des protections, et de ne pas compter uniquement dessus.
Bouchons d’oreilles au concert : les mettre, les retirer
L’OMS recommande de porter régulièrement et correctement des bouchons dans les lieux bruyants. Ils réduisent le volume perçu, sans qu’on puisse en chiffrer l’efficacité.
Le bon réflexe est de les mettre avant le début du concert et de les garder jusqu’à la fin. Ameli recommande de les retirer ensuite dans un endroit calme, plutôt qu’au milieu de la foule et des enceintes. Pour le choix d’un modèle, son prix ou un éventuel remboursement, renseignez-vous auprès d’un professionnel de l’audition.
Le réflexe est encore loin d’être général. Selon une enquête menée en 2014 auprès de 2 200 personnes en Pays de la Loire, 85 % des habitués des salles de concert et des discothèques déclaraient ne jamais porter de bouchons. Ces chiffres sont régionaux et anciens : ils illustrent une habitude, pas la situation actuelle.
Les bons gestes sur place
Avant le concert, glissez vos bouchons dans la poche et repérez le point de remise de la salle. Pendant le concert, éloignez-vous des haut-parleurs : dans la même enquête de 2014, 40 % des personnes interrogées disaient s’en éloigner systématiquement. L’OMS conseille aussi de reposer ses oreilles dix minutes dans un endroit calme après chaque heure.
Un test simple de l’OMS permet de juger le volume sans appareil : si vous devez élever la voix pour vous faire entendre à un bras de distance, c’est que le volume est trop élevé. Après le concert, retirez vos bouchons dans un endroit calme et laissez vos oreilles au repos.
Combien de temps rester selon le niveau sonore
Plus le niveau grimpe, plus la durée de référence fond. L’OMS donne des repères par semaine, que l’infographie ci-dessous convertit en minutes pour les rendre comparables.
Un concert dans la fourchette de 100 à 105 dB dépasse donc vite le repère hebdomadaire, d’où l’intérêt des bouchons et des pauses.
Quand consulter après un concert
Après une soirée bruyante, il arrive que les oreilles sifflent ou que les sons paraissent étouffés. Ameli recommande de consulter sans délai si ces sifflements ou cette audition étouffée persistent plusieurs heures ou après une nuit. Pour le détail, lisez notre article sur l’acouphène après un concert.
Cet article informe et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un ORL. En cas de doute ou de symptôme qui dure, consultez un professionnel de santé.
Sources
- pays-de-la-loire.ars.sante.fr — ARS Pays de la Loire, dossier de presse « Mois de la gestion sonore », 2017.
- who.int — Organisation mondiale de la santé, questions-réponses sur la surdité et l’écoute sans risque, 2026.
- ameli.fr — Ameli, « Adolescents et adultes : se protéger de la musique et des sons amplifiés ».
Questions fréquentes
À partir de quel volume l'oreille est-elle en danger ?
L'ARS Pays de la Loire fixe le seuil de danger à 85 dB. Dans son échelle, un concert ou une discothèque se situe autour de 100 à 105 dB, et l'oreille peut être endommagée avant qu'on ressente de la douleur.
Quelle limite sonore s'applique aux salles et festivals ?
Depuis le décret du 7 août 2017, le seuil toléré dans les lieux de musique amplifiée est passé de 105 dB(A) à 102 dB(A). Il devait s'appliquer au plus tard en octobre 2018.
La salle doit-elle fournir des bouchons ?
Oui, le décret impose aux exploitants de mettre gratuitement à disposition des protections auditives individuelles. Il prévoit aussi d'informer le public et de proposer des zones ou des périodes de repos auditif.
Combien de temps rester à 100 dB ?
L'OMS donne 20 minutes par semaine comme durée de référence à ce niveau. À 105 dB, le repère tombe à 8 minutes par semaine.
Que faire si ça siffle après le concert ?
Ameli recommande de consulter sans délai si les sifflements ou l'audition étouffée persistent plusieurs heures ou après une nuit. Notre article sur l'acouphène après un concert détaille le sujet ; cela ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un ORL.




