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Des sifflements ou des bourdonnements dans les oreilles à la sortie d’un concert sont un signal que l’oreille a été soumise à un niveau sonore élevé. Ils peuvent être passagers, mais s’ils persistent, un avis médical s’impose. Cet article explique ce qu’on sait, les gestes à adopter et les signes qui ne se négocient pas.
Ce qu’on appelle un acouphène
Un acouphène est la perception d’un son (sifflement, bourdonnement) qui ne vient d’aucune source extérieure. Il peut apparaître juste après une soirée bruyante, et c’est alors que beaucoup de spectateurs découvrent le phénomène.
Ils sont loin d’être rares. Selon l’Inserm, environ 10 % des adultes seraient concernés, et les formes très invalidantes représentent moins de 1 % des cas. Les mécanismes exacts, eux, ne sont pas entièrement élucidés.
L’origine est variée. Une perte auditive est associée dans environ 80 % des cas, un traumatisme sonore chronique, souvent d’origine professionnelle, dans environ un quart des cas, et dans près de 40 % des cas l’origine n’est pas identifiée. Ces catégories se recoupent, d’où un total supérieur à 100 %.
Pourquoi un concert peut en provoquer
Le repère est simple : 85 décibels (dB) constituent le seuil de danger pour l’oreille, alors qu’un concert se situe autour de 100 à 105 dB. Une soirée devant les enceintes dépasse donc largement le seuil, même si l’on ne ressent pas de douleur.
Après un bruit intense, des sifflements et une sensation d’audition en retrait peuvent n’être que temporaires : on parle de fatigue auditive. Cela signifie que l’oreille a été sollicitée de façon importante, pas que tout est sans conséquence.
La répétition pèse davantage. Une étude citée par l’Inserm sur des disc-jockeys (âge moyen 26 ans, trois nuits par semaine pendant six ans) rapporte que 75 % d’entre eux souffrent d’acouphènes. Ce chiffre concerne une exposition très répétée, pas un spectateur occasionnel, et on ne dispose pas ici d’un pourcentage propre aux spectateurs de concerts.
Les gestes à adopter dans les heures qui suivent
Les recommandations de bon sens vont toutes dans le même sens : donner du répit à l’oreille. Dès les premiers signes, il vaut mieux quitter le milieu bruyant plutôt que d’attendre la fin du set.
Ces gestes ne soignent rien et ne garantissent aucun résultat. Ils évitent simplement d’ajouter du bruit à une oreille déjà fatiguée.
Les signes qui justifient de consulter vite
Une baisse brutale de l’audition, en particulier si elle s’accompagne d’acouphènes, est une urgence : il faut consulter sans attendre.
Les symptômes qui durent, eux aussi, méritent un avis. Un sifflement qui ne s’éteint pas au fil des jours n’est pas à laisser passer. En cas de doute ou de symptôme qui dure, consultez un professionnel de santé.
Ce qu’on sait et ce qu’on ne sait pas aujourd’hui
L’Inserm est clair : il n’existe pas de traitement curatif à ce jour. La prise en charge vise à masquer les acouphènes et à réduire la gêne ressentie. Les traitements médicamenteux testés jusqu’ici ont échoué ou ont été abandonnés.
Un traitement protecteur, à donner dans les heures suivant un traumatisme sonore, est en cours de développement. Il n’est pas disponible. Il n’existe donc, pour l’instant, aucune manière d’effacer un acouphène après coup.
La durée moyenne d’un acouphène après un concert n’est pas chiffrée par l’Inserm. Aucun produit, aucune application ni aucun complément ne figure parmi les prises en charge présentées ici : seul un médecin peut en parler.
Autrement dit, un acouphène n’a pas une cause unique : une perte auditive l’accompagne dans la plupart des cas, un traumatisme sonore chronique en explique environ un quart, et près de quatre cas sur dix restent sans origine identifiée. Les mécanismes exacts n’étant pas entièrement élucidés, le plus prudent est de ne pas poser soi-même de diagnostic et d’en parler à un médecin si les sifflements durent.
Pour les prochains concerts : la prévention
Puisque rien ne permet de revenir en arrière, la seule marge de manœuvre se situe en amont. Réduire l’exposition, c’est se tenir à distance des enceintes, prévoir des pauses hors de la salle et protéger ses oreilles. Notre guide sur la protection auditive en concert détaille ces options.
Sources
- inserm.fr — Inserm, dossier « Acouphènes », 2023.
- pays-de-la-loire.ars.sante.fr — ARS Pays de la Loire, dossier de presse du mois de la gestion sonore, 2017.
Questions fréquentes
Les sifflements après un concert sont-ils graves ?
Ils peuvent être passagers : on parle alors de fatigue auditive. S'ils persistent, il faut consulter un médecin. Une baisse brutale de l'audition est une urgence.
Combien de personnes ont des acouphènes ?
Selon l'Inserm (2023), environ 10 % des adultes seraient concernés. Les formes très invalidantes représentent moins de 1 % des cas.
Existe-t-il un traitement qui supprime les acouphènes ?
L'Inserm indique qu'il n'y a pas de traitement curatif à ce jour. La prise en charge vise à masquer les acouphènes et à réduire la gêne.
Que faire juste après le concert ?
Quittez le bruit, laissez l'oreille au calme et évitez de vous ré-exposer. Si les sifflements persistent, consultez votre médecin.
Comment éviter que ça recommence ?
En réduisant l'exposition : protection auditive, distance aux enceintes et pauses hors de la salle. Notre guide sur la protection auditive en concert détaille ces options.




